BPCO avec hyperinflation pulmonaire : Ultibro* Breezhaler* améliore aussi la fonction cardiaque

Publié le jeudi 1 mars 2018
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WASHINGTON, 28 février 2018 (APMnews) - L'association de bronchodilatateurs Ultibro* Breezhaler* (Novartis) a amélioré la fonction cardiaque et pulmonaire de patients atteints d’une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) avec hyperinflation pulmonaire, selon les résultats de l’essai publiés dans le Lancet Respiratory Medicine.

Ultibro* Breezhaler* est une association fixe de deux bronchodilatateurs de longue durée d’action, un bêta2-agoniste (l’indacatérol 110 µg) et un anticholinergique (le glycopyrronium 50 µg), autorisée en Europe comme traitement bronchodilatateur continu pour soulager les symptômes de patients adultes atteints de BPCO.

L’effet de cette association sur la baisse des volumes biventriculaires télédiastoliques, fréquente chez les patients atteints de BPCO avec hyperinflation pulmonaire, n’est pas connu, rappellent Jens Hohlfeld, de Fraunhofer Institute of Toxicology and Experimental Medicine à Hanovre (Allemagne), et ses collègues.

L’essai CLAIM, financé par Novartis, est la première étude évaluant l’effet de cette association sur la fonction cardiaque et pulmonaire.

Les 62 patients inclus (dont seuls 57 ont terminé l’étude) étaient tous d’anciens fumeurs et présentaient une hyperinflation pulmonaire (leur volume résiduel était supérieur à 135% de la valeur prédite), associée à une altération de la fonction cardiaque et à une aggravation des symptômes respiratoires.

Tous les patients ont été traités par indacatérol/glycopyrronium puis placebo ou l’inverse.

Après 14 jours de traitement sous indacatérol/glycopyrronium, l’hyperinflation pulmonaire était diminuée et la fonction cardiaque améliorée, avec un volume ventriculaire gauche télédiastolique moyen mesuré à l’IRM de 61,76 ml/m2 contre 55,46 ml/m2, soit une hausse approximative de 10%.

Sous placebo, ce volume est passé de 56,42 ml/m2 à 56,53 ml/m2.

Les patients estimaient en outre leur état de santé amélioré, de même que leur dyspnée, et ont bien toléré le traitement.

"Ces résultats soutiennent le recours précoce à une double bronchodilatation chez les patients atteints de BPCO montrant des signes d’hyperinflation", concluent les auteurs.

Ils estiment désormais nécessaire de confirmer ces résultats à long terme dans une population plus hétérogène, avec des comorbidités cardiovasculaires.

Dans un commentaire accompagnant l’article, Gregory Payne et Michael Wells de l’université d’Alabama à Birmingham sont plus réservés. Ils estiment que cette étude ne confirme pas l’existence d’un lien direct entre hyperinflation pulmonaire et maladies cardiovasculaires. Pour eux, il est donc trop tôt pour recommander une double bronchodilatation dans le but de diminuer l’hyperinflation pulmonaire et prévenir les événements cardiovasculaires chez les patients atteints de BPCO.

Ils déplorent notamment que l’insuffisance cardiaque n’ait pas été évaluée. Le chevauchement clinique entre la BPCO et l’insuffisance cardiaque avec fraction d’éjection préservée est important, rappellent-ils. Cela aurait permis de connaître l’efficacité de ce traitement sur les symptômes associés à l’insuffisance cardiaque.

Ils mettent aussi en garde sur le fait que des patients hypertendus, insuffisants cardiaques ou qui présenteraient une arythmie, une maladie coronaire ou valvulaire, ne tireront pas nécessairement profit d’une hausse des volumes ou des pressions de remplissage.

Pour eux, il reste à évaluer si l’amélioration du remplissage ventriculaire est une cible pertinente ou s’il s’agit juste d’un effet collatéral d’une bronchodilatation efficace. Mais ils admettent que ces résultats renforcent l’idée selon laquelle une intervention rapide sur l’hyperinflation pourrait être un moyen de prévenir les comorbidités cardiaques associées et incitent à mener des essais prospectifs sur de nouvelles stratégies de prévention cardiovasculaire chez les patients atteints de BPCO.
(Lancet Respiratory Medicine, édition en ligne du 21 février 2018)

Source : APM International

Mots clés: Médicament Médicament

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