AINS chez les patients sous IPP à haut risque cardiovasculaire et gastro-intestinal: le célécoxib préférable

Publié le jeudi 13 avril 2017

LONDRES, 13 avril 2017 (APMnews) - Chez les patients à haut risque à la fois cardiovasculaire et gastro-intestinal, traités pour un ulcère et nécessitant à la fois de l'aspirine et un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), l'association célécoxib (Celebrex*, Pfizer) + inhibiteur de la pompe à protons (IPP) apparaît préférable à l'association naproxène + IPP pour réduire le risque de nouveau saignement gastro-intestinal, selon une étude randomisée publiée dans The Lancet mardi.

Les recommandations sont contradictoires pour ce type de patients, certaines ne donnant aucun conseil, d'autres suggérant d'éviter les AINS, tandis que d'autres encore recommandent de préférer l'AINS naproxène, soulignent Francis Chan et ses collègues de l'Université chinoise de Hong Kong.

L'essai randomisé CONCERN, que les auteurs revendiquent indépendant de l'industrie -même si eux-mêmes déclarent des liens d'intérêt avec certains laboratoires-, a inclus 514 patients, guéris d'un ulcère et exempts de H. pylori, nécessitant un traitement par aspirine à faible dose pour une maladie cardiovasculaire ou la présence de facteurs de risque de maladie coronaire, et ayant une douleur arthritique chronique non soulagée par des antalgiques simples, nécessitant a priori le recours régulier à des AINS au cours de l'étude.

Après la guérison de leur ulcère, ils ont été randomisés entre l'AINS sélectif de la COX-2 célécoxib et l'AINS non sélectif naproxène, en plus de l'IPP ésoméprazole. Tous les patients recevaient également l'aspirine à 80 mg par jour.

L'incidence cumulative des saignements gastro-intestinaux supérieurs à 18 mois était de 5,6% dans le groupe célécoxib contre 12,3% dans le groupe naproxène, un risque significativement réduit de 56% avec le célécoxib.

Respectivement 8% et 7% des patients ont eu d'autres effets indésirables nécessitant l'arrêt du traitement. Aucun décès lié au traitement n'est survenu pendant l'étude.

"Contrairement [à certaines] recommandations actuelles, nous avons trouvé que le naproxène ne peut pas être recommandé chez ces patients à haut risque, malgré son bénéfice cardiovasculaire supposé", commentent les auteurs.

"En conclusion, célécoxib + IPP est le traitement de préférence pour réduire le risque de récidive d'hémorragie digestive haute chez les patients à haut risque d'évènements cardiovasculaires et gastro-intestinaux à la fois, nécessitant de l'aspirine et des AINS en traitements cardiovasculaire et anti-inflammatoire", concluent-ils.

(The Lancet, publication en ligne du 11 avril)

Source : APM International

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